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Pour tous renseignements, contacter l'adresse suivante:
The Programme Officer
IUCN/SSC African Elephant Specialist Group
P O Box 68200, Nairobi, KENYA
Tel: + 254 20 890 605-12
Fax: + 254 20 890 615
Email: afesg at iucn dot org

Groupe de Travail sur les Conflits Hommes Eléphants

Résumé Technique

Revue des Programmes de Compensation pour les Dégâts Agricoles et Autres Causés par les Éléphants

Depuis 1997, le Groupe de Travail sur le Conflit Hommes-Eléphants (GTCHE) du Groupe de Spécialistes de l'Éléphant d'Afrique (GSEAf) de l'IUCN, fait des recherches sur les aspects du conflit hommes-éléphants (CHE), et il est mandaté de fournir aux organisations et aux individus concernés par ce problème, tout conseil technique approprié.

Dans l'interface de la distribution des éléphants et des humains en Afrique, les éléphants sont susceptibles : de consommer toutes sortes d'aliments et de récoltes de rente ; d'endommager des systèmes d'eau et des clôtures ; de blesser ou de tuer des animaux d'élevage et des personnes (WWF, 1997). Lors des discussions dans des forums divers sur le CHE, la question de compensations pour les dégâts causés par les éléphants revient souvent et éclipse souvent la discussion sur les autres mesures utilisables pour la mitigation du CHE (Hoare, 1995).

Le GSEAf GTCHE vient de revoir cette question des programmes de demandes de compensation monétaires contre les dégâts causés par les éléphants dans plusieurs endroits et trouve peu de preuves de succès dans la mitigation du problème. Voici quelques exemples discutés en bref.

Le Kenya
Jusqu'en 1989, la compensation pour les dégâts causés par des animaux sauvages s'effectuait sous une politique nationale. Le système se montrant fautif, la compensation fut suspendue cette année-là pour lesa dégâts des cultures. Les causes principales d'échec citées étaient des réclamations fictives, des coûts administratifs élevés et le manque de débours (Thouless, 1993).

Quoique considérée par les familles touchées comme très insuffisante, (les versements n'étant jamais au pas avec l'inflation par exemple), la compensation existe encore pour les blessures ou la perte de vie humaine. Elle est aussi incalculable pour les administrateurs, (l'évaluation se faisant par une autorité semi-autonome, alors que les versements constituent une responsabilité légale d'un programme de compensation ouvrière dans un différent ministère d'Etat).

Le Gabon
Une enquête nationale au Gabon sur l'incursion des cultures par les éléphants a interviewé 3.000 familles dans 218 villages. Cette étude, qui a duré une année environ, était la plus grande enquête de ce genre en Afrique. Néanmoins dans les discussions très variées et les recommandations explicites contenues dans le rapport, l'auteur n'a pas fait mention de la question de compensation pour les dégâts causés par les éléphants (Lahm, 1996).

Le Ghana
Une conférence convoquée pour discuter le problème le plus sévère d'éléphants au niveau national, localisé dans un parc national forestier, a identifié 14 mesures (y compris la compensation) à utiliser pour la mitigation du conflit hommes-éléphants.

La proposition d'une compensation monétaire ne fut pas adoptée dans les recommandations qui d'ailleurs se sont focalisées essentiellement sur les pratiques changeantes de l'agriculture autours des frontières des parcs (Barnes 1997).

Afrique australe
Les pays de l'Afrique australe ont bien des environnements politiques sur la faune, ce qui favorise de l'expérimentation considérable avec des mesures de gérance de faune au niveau local. Dans une récente revue de la politique et de la gestion des éléphants problématiques dans six pays de la région (Taylor, 2000), un seul a maintenu la compensation pour les dégâts causés par les éléphants (le Botswana). Voici des expériences recueillies dans l'Afrique australe :

Le Malawi
Pendant des essais bien surveillés dans les années 80, dans des régions avoisinant une large superficie protégée, le paiement de compensation s'est montré sans effets bénéfiques vis-à-vis l'amélioration des relations entre les responsables des parcs et les fermiers (Bell 1984).

Le Zimbabwe
Un district a expérimenté le programme de compensation mais l'a tout de suite abandonné quand le nombre des réclamations a quadruplé dans sa deuxième année d'opération (Taylor, 1993). Cette hausse, en plus de dépasser de loin le budget prévu pour les paiements, indiquait aussi que des réclamations fictives étaient probablement envoyées aussi ou qu'il y avait une indifférence chez les fermiers de continuer à protéger leurs cultures. Il est significatif de noter que l'année de la cessation de paiements (1991) était aussi la troisième année pendant laquelle les autorités centrales permettaient au district de pratiquer un programme localement géré d'utilisation de la faune et la rétention des revenus ainsi gagnés. Cependant le district manquait totalement la capacité de gérer ce programme et depuis la question de compensation n'a plus été discutée, malgré une croissance considérable du programme et des revenus associés.

Le Botswana
Le Botswana est un pays africain relativement riche et la compensation pour les dégâts causés par la faune sauvage s'effectue par l'intermédiaire d'une politique d'Etat. Le paiement se limite aux dommages causés par cinq espèces d'animaux dont l'éléphant figurant en position principale. Au cours des 5 années d'existence de ce programme, 1,13 millions de dollars américains environ (227.000 dollars par an) ont été déboursés.

Un sociologue qui faisait de la recherche sur la question des compensations au Botwana a tout récemment soulevé plusieurs problèmes (Envik 2000). La plupart des villageois consultés et des responsables de la faune sauvage ont indiqué que la somme de compensation était trop bas comparée à la valeur des dégâts et qu'elle était déboursée trop lentement. Les responsables ont ajouté que bien que ce projet de compensation allège les souffrances du public caussées par les conflits des animaux sauvages, il n'est pas efficace dans la prévention des conflits et/ou l'encouragement des relations harmonieuses entre les communautés touchées et les responsables de la faune. Ils ont noté que lorsque certaines espèces étaient rayées de la liste des compensations, le nombre des conflits déclarés concernant de telles espèces diminuait, mais le nombre des autres espèces bon pour la compensation augmentait. Le seul bénéfice réel identifié par les responsables de la faune était que ce projet s'assurait que les incidents de conflits avec les animaux sauvages étaient déclarés et que cela aidait à identifier les régions les plus touchées par le conflit hommes-éléphants.

Sommaire
Les programmes de compensation monétaire pour les dégats causés par les éléphants semblent souffrir considérablement de certaines défaillances. Celles-ci peuvent être réparties en causes d'un " concept erroné " (1-3 ci-dessous) et en causes de " problèmes pratiques " (4-8 ci-dessous).

1. La compensation n'arrive pas à diminuer le niveau du problème (parce que la cause profonde du problème n'a pas été traitée).

2. La compensation n'incite pas les fermiers à se protéger (ce qui augmenterait même l'ampleur du problème).

3. La compensation ne peut pas s'adresser aux avantages non quantifiables subis par les gens touchés par la menace d'éléphants problématiques (Hoare 2000 ; Naughton et al 1999). Ceci constitue une composante considérable du CHE.

4. La compensation est encombrante, chère et pénible dans son administration (par la nécessité de former des évaluateurs, de couvrir de larges espaces, de pratiquer des mesures de contrôles financiers strictes, etc.) et une fois mis en œuvre, elle manque potentiellement d'objectif particulier.

5. La compensation est susceptible à des abus considérables ou à la corruption flagrante (par exemple à travers des réclamations fictives ou exagérées ou la culture délibérée dans des zones susceptibles aux dommages)

6. Normalement, les fonds ne suffisent pas pour couvrir toutes les demandes de compensation.

7. Le paiement de compensation uniquement à certaines victimes risque d'occasionner des disputes et des problèmes sociaux.

8. Dans les cas où les programmes de compensation devraient se promulguer par la loi, il y a un ralentissement considérable dans leur capacité de se justifier en fonction des circonstances économiques dynamiques ou des évolutions dans la politique sociale.

Conclusion
Pour les raisons sus-mentionnées, le GSEAf déconseille la compensation monétaire pour les dégâts causés par les éléphants. Contrairement aux autres contre-mesures prises vis-à-vis les éléphants, la conviction du GSEAf est que, même avec les meilleures des intentions, la compensation adresse uniquement les symptômes et non les causes profondes du problème et dans les cas extrêmes, la compensation exacerbe le problème.

Cependant, le GSEAf ne rejette pas totalement l'idée de compensation dans toutes les circonstances. La compensation sous forme d'alimentation de base est une forme acceptable de soulagement des effets de catastrophes naturelles comme, par exemple, les inondations ou la sécheresse. Une fois le CHE ayant été étudiée systématiquement par des chercheurs, il a été découvert que souvent, peu de gens dans une communauté en souffraient sérieusement . Si de tels individus pouvaient être identifiés et qu'une évaluation précise de leur angoisse s'effectuer sans tricher, il y aurait donc place pour l'administration locale de programmes de secours qui incluraient l'alimentation plutôt que l'argent. Malheureusement, il manque des études de cas connues à partir desquelles l'on pourrait vérifier cette idée. D'autres formes de remplacement pourraient être appropriées quand il y a dégâts occasionnés par des éléphants, par exemple dans des systèmes de fourniture en eau, dans le stockage des aliments, dans les dégâts causés au bétail ou aux clôtures.

References

Barnes R.F.W. 1997 A proposed solution to the Kakum elephant problem. In: Facing the Storm: Five years of research in and around Kakum National Park, Ghana. Ghana Wildlife Department, P O Box M239 Accra. Ghana. 18pp.

Bell R.H.V. 1984 The man-animal interface: an assessment of crop damage and wildlife control. In Conservation & Wildlife Management in Africa, (Eds Bell R.H.V. & Mcshane-Caluzi E.) US Peace Corps, Malawi: 387- 416.

Envik K. 2000 Living With Elephants: A Non-Government Organization (NGO) Based Strategy for Botswana. MSc Thesis, University of Calgary, Canada. 147 pp.

Hoare R. 2000 African elephants and humans in conflict: the outlook for coexistence. Oryx 34(1): 34-38.

Hoare R. 1995 Options for the control of elephants in conflict with people. Pachyderm 19: 54 - 63.

Lahm S. A. 1996 A nationwide survey of crop-raiding by elephants and other species in Gabon. Pachyderm 21: 69 - 77.

Naughton L., Rose, R. & Treves, A. 1999 The social dimensions of human-elephant conflict in Africa: a literature review and case studies from Uganda and Cameroon. A report to the African Elephant Specialist Group, Human-Elephant Conflict Taskforce, IUCN SSC Gland, Switzerland. 82pp.

Taylor R.D. 2000 . A review of problem elephant policies and management options in southern Africa. A report to the African Elephant Specialist Group, Human-Elephant Conflict Taskforce, IUCN SSC Gland, Switzerland. 70pp

Taylor R.D. 1993 Wildlife management and utilization in a Zimbabwean communal land: a preliminary evaluation in NyamiNyami District, Kariba. WWF MAPS Project Paper No. 32. WWF Southern Africa Regional Office P O Box CY 1409 Causeway, Harare, Zimbabwe. 23pp.

Thouless C. 1993 The Laikipia Elephant Project. Final Report. Kenya Wildlife Service and World Wide Fund for Nature Eastern Africa Regional Office, P O Box 68200 Nairobi , Kenya. 87pp.

WWF, (World Wide Fund for Nature). 1997 Conserving Africa's elephants: current issues and priorities for action. (eds. H.T. Dublin, T.O. McShane and J. Newby) , WWF International, 1196 Gland, Switzerland. 28pp.

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